octobre 2017 | 4 minutes de lecture
L'IA au quotidien

Quels sont les enjeux de la data au coeur des cabinets de conseil ?

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Robin Guillemot
Acquisition Manager

L’intégration des nouvelles sources de data aux prestations des cabinets de conseil apparaît comme une plus-value indéniable. Le prérequis est de bien les positionner dans la chaîne de valeur. Comment dès lors trouver le bon point de rencontre entre cabinets et prestataires technologiques ?
Nous avons tenté d'apporter des éléments de réponse à cette question en interrogeant un expert du conseil en stratégie et un expert data autour de 4 axes

Retrouvez les points de vue croisés de Thibaut de Lajudie, Partner chez Ailancy, cabinet de conseil en management et organisation, et Maurice Ndiaye, Partner chez Synomia.



Quelle est la place de la data dans les métiers du conseil en stratégie ?

Thibaut de Lajudie : Les datas sont historiquement au cœur du travail des cabinets de conseil en stratégie, pour réaliser analyses et recommandations. Ce que le client attend d’un cabinet, c’est de l’expertise et de la connaissance sur les éléments externes liés à sa problématique, charge au client de mettre à disposition les données internes.

Maurice Ndiaye : La data a toujours été structurante dans le métier du conseil, c’est une part importante de la proposition de valeur. Néanmoins, avec l’apparition d’un nombre important d’acteurs de la tech, les règles du jeu évoluent. Et les cabinets de conseil doivent intégrer cet état de fait pour garder l’avantage dans l’analyse, à l’heure où les clients sont de plus en plus exigeants.

Quelle collaboration est-il possible d'envisager entre les acteurs du conseil et les acteurs de la tech ?

Thibaut de Lajudie : Les acteurs du conseil n’ont pas forcément les algorithmes ni les outils pour analyser et collecter une grande masse de donnée de manière industrielle. Ils ont donc tout intérêt à s’appuyer sur les acteurs de la tech.

Maurice Ndiaye : Il y a un potentiel de collaboration énorme entre ces typologies d’acteurs, qui sont complémentaires pour s’enrichir et créer de la valeur. C’est un mode de fonctionnement en écosystème, et non plus un modèle où un seul acteur maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur. De plus en plus de cabinets de conseil s’entourent d’un réseau de partenaires technologiques pour élargir leur éventail de compétences.

Thibaut de Lajudie : Chez Ailancy nous avons mis en place de nombreux partenariats avec des acteurs à même de compléter notre offre de valeur. Les cabinets sont souvent réticents à faire appel aux acteurs de la tech car ils ne les jugent pas au niveau de leur expertise métier, alors que ce n’est pas ce qu’il faut leur demander.

DEFINISSEZ LA STRATEGIE DE VOS CLIENTS DANS UNE DEMARCHE DATA DRIVEN

Les méthodologies des cabinets de conseil sont-elles compatibles pour intégrer des technologies ?

Thibaut de Lajudie : Sur des sujets B2C il est indispensable d’écouter la voix du consommateur et les tendances du marché avec une approche statistique. Pour le B2B en revanche, cela semble plus compliqué car il y a a priori moins de données pertinentes à analyser, qui plus est dans des univers métiers parfois très techniques.

Maurice Ndiaye : Il y a certes moins de données en B2B, mais si on parvient à trouver les bonnes sources, elles sont souvent beaucoup plus qualitatives, donc précieuses pour les cabinets.

Thibaut de Lajudie : Par nature les acteurs du conseil sont agiles, ouverts à faire évoluer leurs méthodologies, habitués à travailler pour des secteurs et cultures différents. C’est la culture de l’adaptabilité qui est la clé.

Maurice Ndiaye : Pour être compatible, il faut lever les barrières et les aprioris. Lorsque les méthodologies sont différentes, il faut être clairs sur les livrables attendus par les 2 parties et définir qui est en lead sur chaque partie du projet. Sinon, il y a un risque de décalage qui rendra tout le monde insatisfait. Au-delà de l’aspect méthodologique, il est nécessaire de prendre en compte la compatibilité des modèles économiques. Celui des cabinets de conseil respecte 3 critères : leurs prestations s’inscrivent dans la durée, alors que celles des prestataires techniques sont plutôt sur des cycles courts, ils ont un devoir de neutralité et d’objectivité vis-à-vis des recommandations technologiques à proposer au client, il n’est donc pas possible pour un cabinet de proposer systématiquement le même partenaire technologique. Enfin il est nécessaire pour eux de ne pas cannibaliser la vente d’expertise conseil. La nature de la relation est donc dépendante de ces critères et en fonction de chaque le bon point de rencontre doit être trouvé.

Thibaut de Lajudie : Cet enjeu d’expertise conseil est d’autant plus important qu’il faut s’assurer que la proposition de valeur conjointe est lisible pour le client, qui a plus l’habitude de prestations valorisées en jours/homme que d’un mix entre humain et technologie.

 

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Sur quelle(s) partie(s) de la chaîne de valeur les technologies de traitement de l'information sont-elles pertinentes ?

Thibaut de Lajudie : Un peu partout : au début de la réflexion, lorsque nous avons besoin de matière pour trouver des réponses aux enjeux du client, mais également sur des projets de conduite du changement à grande échelle, et enfin pour du suivi et du monitoring.

Maurice Ndiaye : Les technologies de traitement de l’information offrent des possibilités tellement larges qu’il serait trop réducteur de les cantonner à une partie ou une autre de la chaîne de valeur des cabinets de conseil. À chaque partie de la chaîne de valeur correspond des enjeux et des objectifs précis, il faut partir de ces objectifs métiers pour déterminer les différents types de données qui seront pertinentes tout au long de la chaîne

VERSION COMPLÈTE DU CAHIER DE L'IE "DATA ET CABINETS DE CONSEIL" ICI

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